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FanFic N°1 : Page 1 : L'homme de Dumbledore. Par Zakath Nath.
Résumé : Décidé à éliminer Voldemort avant qu'il ne développe tous ses pouvoirs, Harry voyage dans le passé. Mais suite à une erreur, il se retrouve à l'époque des Maraudeurs.
Bienvenue.!

# Posté le jeudi 10 mai 2007 14:14

Modifié le jeudi 10 mai 2007 14:47

L'homme De Dumbledore. Chapitre 1 : Fausse man½uvre

L'homme De Dumbledore.  Chapitre 1 : Fausse man½uvre
Assis seul à une table des Trois Balais, à Pré-au-Lard, un numéro de la gazette du Sorcier déplié devant lui, Harry se demandait, une fois de plus, comment il avait pu se fourrer dans une situation aussi catastrophique. Cela ne lui suffisait pas d'être celui dont à peu près tout le monde s'attendait à ce qu'il détruise le Mage Noir le plus dangereux de ce siècle ? Pourquoi fallait-il que lui-même s'attire des ennuis plus gros que lui sans aide extérieur ?

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Tout avait commencé lors du mariage de Bill Weasley et Fleur Delacour, qui avait eu lieu deux semaines seulement après l'enterrement de Dumbledore, et la fermeture provisoire de Poudlard. Le mariage s'était bien passé. Bill était encore convalescent, Fleur était radieuse, contrairement à la partie féminine de la famille de Ron. Harry avait d'ailleurs fait connaissance du reste de la famille de son meilleur ami, et c'est de là que tout avait découlé.

Arthur Weasley avait insisté pour lui présenter, ainsi qu'à Hermione, son frère aîné, Reginald :

« Un original, il vous plaira forcément, avait-il dit. C'est un Inventeur »

Il avait prononcé ce dernier mot comme s'il s'agissait d'un véritable titre de noblesse.

Harry et Hermione s'étaient donc retrouvés en face d'un homme maigre, portant de grosses lunettes à doubles foyers et une crinière rousse encore plus indisciplinée que celle du Survivant.

Reginald Weasley s'était déclaré absolument ravi de le rencontrer : il avait tellement entendu parler de lui (« tu m'étonnes » s'était dit Harry) et il avait insisté pour qu'Harry, Ron et Hermione visite son « centre d'expérimentation » le plus tôt possible. Ce genre de propositions aurait ravi Harry quelques mois plus tôt. Mais à présent, il savait qu'il avait plus important à faire. Il avait une mission, terminer ce que Dumbledore avait commencé : trouver les quatre horcruxes restants, les détruire, et enfin, enfin... Affronter Voldemort.

Alors qu'il s'apprêtait à décliner l'offre, Hermione, avec son petit air de cheftaine scout qui lui tapait si souvent sur les nerfs, avait accepté en son nom et celui de ses amis.

Avec un sourire, Reginald Weasley avait lâché un « je vous attends demain après-midi » avant de rejoindre la tante Muriel qui lui faisait de grands signes à l'autre bout du buffet.

« Qu'est-ce qui t'a pris ? avait sèchement dit Harry à Hermione dès que Reginald fut hors de portée. Tu ne crois pas qu'on a autre chose à faire que visiter le laboratoire de cette espèce de Géo Trouvetout ? »

Hermione lui avait lancé un regard noir, mais avait tout de même daigné s'expliquer :

« Pourquoi pas ? Il met au point tout un tas d'objets magiques, de prototypes ! On pourra peut-être trouver là-bas quelque chose d'utile ! »

Harry n'en était pas le moins du monde convaincu et le lui fit savoir. Il avait alors rejoint Ron pour lui annoncer qu'il faudrait qu'il les conduise chez son oncle le lendemain après-midi. À son grand déplaisir, Ron parut tout aussi enthousiasme qu'Hermione.

« C'est un génie, tu verras ! Je n'ai jamais eu l'occasion de visiter son labo, mais il amené parfois certaines de ses inventions au Terrier et wahoo... C'est l'idole des jumeaux, tu sais, ils vénèrent son imagination... Ils regrettent qu'elle ne s'applique qu'à des sujets sérieux, mais... »

Ron l'avait alors bassiné à propos des inventions de son oncle pendant le reste de l'après-midi.

Le lendemain, néanmoins, sa mauvaise humeur était légèrement retombée, et lorsqu'il sortit de la cheminée du centre d'expérimentation de Reginald Weasley à la suite de Ron et Hermione, époussetant ses vêtements couverts de suie, il ne put cacher son admiration : le laboratoire était constitué d'une immense pièce aux vitres rendues presque opaque par la saleté mais remplie d'objets plus fascinant les un que les autres, dont Harry se demanda immédiatement l'usage. Des potions bouillonnaient dans des cornues, des pendules étranges cliquetaient...

« Bonjour et bienvenue ! s'exclama Reginald en se précipitant vers eux. Prêts pour la grande visite ? Suivez le guide ! »

Et d'une voix vibrante de passion, il leur présenta les objets dont il était le plus fier. Ron fut particulièrement impressionné par les gants de gardien de quidditch Repousse-Cognard (« pas encore entièrement fiable, Ronald, et l'Association Internationale de Quidditch y trouvera sans doute à redire » l'avait avertit son oncle) et Hermione insista pour essayer la bicyclette capable de rouler sur toutes les parois sans incommoder le cycliste. Après avoir pédalé sur le plafond du laboratoire, elle redescendit, ravie.

« Comment vous êtes-vous débrouillé pour que le sang ne monte pas à la tête ? » demanda-t-elle.

Alors que Reginald se lançait dans des explications que seule Hermione semblait saisir, Harry s'éloigna de quelques pas, attiré par un étrange médaillon. Il ressemblait un peu au Retourneur de Temps qu'Hermione avait utilisé pendant sa troisième année, mais comportait en son centre quatre jeux de chiffres que l'on pouvait faire pivoter pour former des combinaisons, comme pour les cadenas.

« Excusez-moi, de quoi s'agit-il ? »

Reginald s'interrompit et s'approcha :

« Oh, ça ! Je comptais le proposer au Ministère, et puis... C'est un Retourneur de Temps. Mais un Retourneur de Temps bien plus puissant que ceux que possédaient le Ministère avant que, hum... Vous ne pulvérisiez leur stock, si l'on en croit les journeaux. Bref. Jusque là, un Retourneur de Temps ne pouvait que vous faire retourner quelques heures en arrière. Mais celui-là, mon garçon, ne vous fait pas retourner des heures en arrière, ni même des jours, des semaines ou des mois... Mais des années ! Il suffit de faire tourner les chiffres jusqu'à l'année voulue, de presser le bouton que voici, et... Mais je ne l'ai jamais testé. En théorie, cependant, tout va bien... Enfin, j'ai encore mieux en magasin ! Venez voir ! »

L'oncle de Ron repartit vers un coin sombre de son laboratoire, Ron et Hermione sur ses talons. Harry s'apprêtait à les suivre, lorsque, tout en se disant de ne pas le faire, que c'était stupide et qu'il le regretterait, il prit le médaillon sur l'établi et le glissa dans sa poche, avant de rejoindre ses amis en essayant d'avoir l'air le plus naturel possible.

Le reste de la visite fut bien moins agréable. Il craignait à chaque instant que Reginald, retournant sur ses pas, s'aperçoive du vol. Heureusement, tout le monde était bien trop occupé par les inventions restantes pour prendre la disparition en compte ou déceler le malaise que ressentait Harry.

Le soir, de retour au Terrier, dans la chambre qu'occupait Harry et qui était auparavant celle des jumeaux, le Gryffondor sortit le médaillon de sa poche et l'examina. Et si... Dumbledore l'avait mis en garde contre les dangers de vouloir changer le passé, très longtemps auparavant, mais... Dumbledore était mort, n'est-ce pas ? pensa Harry en ressentant un élan de haine à l'égard de son meurtrier. La quête des Horcruxes pourrait prendre des années, années pendant lesquelles Voldemort continuerait de faire des victimes. Et même si Harry parvenait à détruire les Horcruxes, le Mage Noir aurait encore tous ses pouvoirs, il serait simplement redevenu mortel...

Maintenant... Tom Jedusor avait mis au point son premier horcruxe, le journal intime, peu de temps après avoir du refermer la Chambre des secrets... Lors de l'année scolaire 1942-1943, alors qu'il n'avait que 16 ans...

Si Harry arrivait à le détruire juste avant... Le futur en serait changé dans des proportions incroyables. Mais forcément pour le mieux, n'est-ce pas ?

Le jeune homme se leva, bouillant d'excitation ! Voilà la solution ! Revenir en 1941, affronter Voldemort... Il devait déjà être très puissant, mais Harry ne comptait pas remonter plus loin et assassiner un enfant, aussi potentiellement dangereux fut-il.

Harry résista à la tentation d'utiliser sur le champ le Retourneur de Temps. Il devrait agir à Poudlard. Agir seul. Jamais Hermione n'accepterait, et Ron ne lui serait pas d'une grande utilité dans une tentative de meurtre.

Il décida donc de se rendre à Pré-au-Lard le lendemain, et d'utiliser le Retourneur de Temps de là-bas. Il s'introduirait dans l'école par un des passages secrets (il avait décidé d'emporter la carte du Maraudeur et sa cape d'invisibilité) et attendrait son heure...

La première partie du plan se passa sans encombre. Il transplana du Terrier à Pré-au-Lard et de là, recouvert de sa cape, passa le médaillon autour du coup. La combinaison fixée à 1941, Harry appuya sur le bouton que lui avait indiqué Reginald Weasley. La sensation fut très désagréable, l'impression de tomber dans le vide comme lorsqu'il se plongeait dans la Pensine... Puis le monde se stabilisa, et Harry regarda autour de lui.

C'était une belle journée d'été, et pourtant personne ne traînait dans les rues. Certains magasins étaient fermés, et des affiches étaient collées un peu partout, portant des photos de sorciers à l'air sinistre. Pendant un instant, Harry se demanda s'il avait bien remonté le temps. Il ne voyait guère de différence avec le Pré-au-Lard qu'il venait de quitter. S'approchant des affiches, il s'aperçut qu'il s'agissait bien d'avis de recherche de Mangemorts... Mais il n'en reconnu aucun. Pas de Lestrange, pas de Yaxley, ni celui qui était devenu le nouvel homme à abattre pour les Aurors et pour Harry, l'infâme Severus Rogue...

Pris d'un mauvais pressentiment, Harry rangea sa cape et se dirigea vers les Trois Balais, un des rares lieux publics qui semblait ouverts.

Son pressentiment se confirma. Derrière le comptoir s'affairait une Mme Rosmerta, bien plus jeune que celle qu'il connaissait, mais en 1941, elle n'aurait pas pu être déjà adulte...

Mme Rosmerta leva les yeux vers lui et s'exclama :

« James Potter ! Pour une sur... Oh, excusez-moi, ajouta-t-elle en le regardant plus attentivement. Je vous avais pris pour quelqu'un d'autre ! »

Et voilà. Il était bien retourné dans le passé, mais pas du tout à l'époque prévue. Harry aurait bien voulu laisser tomber son projet et revenir à son époque mais pouvait-il se fier au Retourneur de Temps ? Celui-ci avait démontré qu'il n'était pas encore au point, et Harry ne savait pas vraiment s'il était prudent de renouveler l'essai avant de comprendre ce qui avait cloché.

« Vous désirez ? » continua Rosmerta.

Elle le dévisageait avec curiosité.

« Hum, oui, excusez-moi, pourrais-je avoir une bieraubeurre ? »

Et savoir en quelle année on est, exctement ? ajouta-t-il pour lui-même.

Rosmerta lui tendit sa consommation, et Harry alla s'asseoir à une table où un numéro de la Gazette du Sorcier traînait.

« C'est celle d'aujourd'hui ? » demanda Harry.

Rosmerta leva la tête de sa caisse enregistreuse et fit signe que oui.

Harry peut ainsi voir la date : 29 août 1975. Bien joué. Il s'était encore une fois complètement planté, et ce coup-ci, qui lui viendrait en aide. Il avait très peu d'argent, nulle part où aller. Pas de maison, et il n'était pas élève à Poudlard. Poudlard...

Bien sûr, c'était son seul espoir ! S'il arrivait à contacter Dumbledore, celui-ci pourrait l'accueillir à Poudlard le temps de trouver une solution ! Cette situation rendait néanmoins Harry malade. Lui qui avait été persuadé d'arranger les choses en voyageant dans le temps, voilà qu'il se retrouverait élève encore une fois, pendant qu'à sa véritable époque, le combat continuerait, sans que lui-même y participe. Il y avait des fois où il se détestait, détestait sa façon de penser que lui seul avait la bonne réponse, avait le rôle de celui qui devait tout arranger, alors que c'était l'inverse qui se passait. Voldemort en avait tout le temps joué, mais jamais il n'avait appris de ses erreurs, jamais...

Ouvrant le journal pour avoir l'air de s'occuper son regard parcourut un article sur les mesures de Barty Croupton à l'égard des Mangemorts, accordant aux Aurors le droit d'utiliser les Impardonnables (« Une mesure sage et énergique » dit Rufus Scrimgeour, « la porte ouverte à toutes les dérives » proteste Amélia Bones) puis tomba sur les petites annonces. L'une d'elle lui accrocha l'½il.

Urgent !

Poste de Professeur de Défense contre les Forces du Mal à pourvoir

Contacter Pr Albus Dumbledore, Poudlard

Harry se mordit la lèvre, tandis qu'un nouveau projet se formait dans sa tête, un nouveau projet encore plus fou que le premier, mais qui ne rendrait pas son voyage dans le temps complètement inutile ? Il pouvait contacter Dumbledore et lui demander d'être accepté comme élève le temps de réexaminer le Retourneur de Temps. Mais s'il entrait à Poudlard en tant que professeur ? Il aurait bien plus de liberté, de pouvoir, il serait écouté et alors...

1975. Ses parents rentraient en sixième année. Ses parents et Sirius, se rappela Harry avec un pincement au c½ur. Mais ce n'était pas le principal. Le principal, c'était Rogue. Il avait appris à ses dépens à quel point Rogue était semblable à Voldemort lors de ses années d'étude, mais Dumbledore n'avait jamais dû en prendre conscience ou même lui n'aurait pas accorder sa confiance au traître. Mais s'il arrivait à réunir des preuves contre Rogue, à le prendre en flagrant délit de magie noire... Même s'il n'était pas encore un Mangemort... Mais il faudrait être habile, gagner la confiance du Serpentard. Et il y avait aussi Pettigrew. Sans doute celui-ci n'était pas encore du côté de Voldemort, n'envisageait pas encore de trahir ses amis. Néanmoins s'il parvenait à faire prendre confiance à James que Queudver n'était pas fiable, n'était pas digne d'être Gardien du Secret... Alors, tout changerait.

Restait la question cruciale : est-ce que Dumbledore confierait un poste de professeur à un inconnu prétendant venir du futur, et pas encore majeur ?

Eh bien il fallait toujours essayé, pensa Harry avec un nouvel élan d'espoir. La rentrée était proche, Dumbledore était peut-être prêt à accepter quiconque se présenterait, à ce stade.

Il s'approcha du comptoir, sa chope vide à la main.

« Excusez-moi, pourrais-je vous emprunter un hibou ? Je voudrais envoyer une lettre à Poudlard. »

Rosmerta eut un sourire.

« Si c'est pour contacter Dumbledore, ce sera inutile, il passe ici tous les jours, et quand on parle du loup... »

Comme par un fait exprès, le vieux directeur poussa à cet instant la porte du pub.

Harry eut un coup au c½ur en le voyant devant lui, ses cheveux et sa barbe argentés, ses lunettes en demi-lune, mais respirant la santé, si différent du Dumbledore que Rogue avait froidement tué...

« Professeur ! » s'exclama-t-il d'une voix qu'il avait de la peine à maîtriser.

Dumbledore se tourna vers lui, surpris.

« Bonjour ! Je ne crois pas vous connaître, mais je serais ravi de palier à cette lacune. »

Harry ne savait plus que dire. Comment aborder la conversation, lui demander un poste de professeur, lui expliquer sa situation ?

« Ce garçon voulait vous parler. » annonça Rosmerta.

Dumbledore regarda Harry par-dessus ses lunettes en demi-lune, un regard curieux mais toujours chaleureux.

« Oui, c'est euh... Important » balbutia Harry.

Les yeux bleus du vieux sorcier se firent plus insistants.

« Vraiment ? Rosmerta, pourrais-je vous emprunter la salle du fond ? »

La tenancière accepta immédiatement, et Harry suivit Dumbledore, le c½ur battant.

Une fois dans la fameuse pièce du fond, un petit salon joliment meublé, Dumbledore se tourna vers Harry.

« Eh bien ? »

Harry essaya tant bien que mal de s'expliquer. Il résuma la situation en passant sous silence les motivations de son escapade temporelle, qu'il fit passer pour un simple accident, et demanda enfin à Dumbledore s'il lui serait possible de gagner sa vie en tant que professeur.

« Qu'est-ce qui vous fait penser que vous avez les capacités requises, Mr Potter ? Vous êtes très jeune. » fit gentiment Dumbledore.

C'était le seul problème ? Dumbledore ne lui posait pas plus de question, afin de vérifier la véracité de son histoire ? Même si la confiance du directeur le servait à cet instant, Harry ne put s'empêcher de se souvenir la façon dont celle-ci s'était retournée contre le vieil homme.

« J'ai su maîtriser le Patronus à l'âge de treize ans. Pendant ma cinquième année, le professeur était si minable que tout le monde craignait de rater ses buses. J'ai donné des cours aux élèves qui me l'on demander, et tous ont eu au minimum Effort Exceptionnel. J'ai eu Optimal. »

Dumbledore lui jeta un regard perçant. Harry avait dit la vérité, mais celle-ci semblait si extraordinaire que le sorcier devait le soupçonner de se vanter.

« Je crois que vous m'avez caché certaines choses, Mr Potter, mais sur ce point précis, vous m'avez l'air sincère. J'avoue que j'ai plus que besoin de trouver quelqu'un pour ce poste et si vous êtes à la hauteur. Après tout, l'âge n'empêche pas de réaliser des choses impressionnantes. Non, loin de là... »

Harry était sûr qu'il pensait à Tom.

« Je suis curieux de vous voir à l'½uvre, Mr Potter. Il y a cependant une paille, si je puis dire. Comme vous le savez sans doute, votre père est présentement un de nos étudiants et une telle ressemblance avec un professeur susciterait une curiosité déplacée. »

Avant qu'Harry ait pu protester, Dumbledore avait sorti sa baguette de sa poche et l'agita en marmonnant.

Aussitôt, Harry ressentit de fortes démangeaisons au cuir chevelu, qui se dissipèrent rapidement.

« Je n'ai pas changé grand-chose... Vos yeux, votre nez, sont différents. C'est fou ce que qu'une nouvelle coiffure et une teinture vous changent un homme. Je devrais moi-même essayer un jour... Mais en ce qui vous concerne, vous êtes seul juge. »

D'un nouveau mouvement de baguette, Dumbledore fit apparaître un miroir devant Harry, qui dévisagea son reflet, affublé de cheveux blonds cendrés lisses, qui lui tombaient sur les épaules.

« Il faudra que je m'y habitue, j'imagine... » marmonna-t-il, par simple politesse.

Ça me va comme des bretelles à un lapin, pensait-il en lui-même.

« Je suis sûr que vous ne voudrez plus changer ! fit joyeusement Dumbledore. Mais suivez-moi, il reste certains détails à régler pour que vous passiez une excellente année. Vous aurez besoin d'une garde-robe et vous devez avoir hâte de visiter votre appartement... »

Harry suivit alors Dumbledore, qui parlait toujours. Cette nouvelle année à Poudlard promettait d'être vraiment atypique !



À suivre...


Voilà, c'est un chapitre d'intro donc, il ne se passe pas grand-chose, mais ça devrait être plus intéressant dans le prochain chapitre, avec les débuts d'Harry en Prof de DCFM.

# Posté le jeudi 10 mai 2007 14:51

L'homme de Dumbldeore - Chapitre 2 - L'autre côté de la barrière

L'homme de Dumbldeore - Chapitre 2 - L’autre côté de la barrière
Assis à la droite de Minerva McGonagall, Harry réajustait nerveusement le col de sa cape. C'était la première fois qu'il portait une robe de sorcier en dehors de son uniforme scolaire, de sa robe de quidditch, ou de sa robe de bal. Il était étrange de penser que désormais, il serait tout le temps habillé, en sorcier, et même s'il savait que cela n'avait pas de rapport, il se sentit plus adulte.

« Nerveux, professeur Granger ? »

Harry sursauta. Il avait encore un peu de mal à réaliser que c'était désormais son nom. Penser que « Professeur Granger » s'adressera
it un jour à un autre qu'Hermione ! Harry se tourna vers le professeur McGonagall, qui le regardait avec un léger sourire.

« Un peu, mais j'imagine que c'est normal... »

McGonagall hocha
la tête. Harry s'était surpris à la trouver plutôt pas mal, avec plus de 20 ans de moins. Pas belle, non, avec son visage mince et sévère, son nez osseux... Mais un physique intéressant. Et même si elle semblait tout aussi stricte que la McGonagall qu'il avait connu, son statut de professeur le mettait cette fois-ci à l'abri des remontrances qu'il avait pu s'attirer élève.

Elle-même et les autres enseignants s'étaient montrés plutôt perplexes lorsque Dumbledore leur avait présenté Harry. Ce gamin, professeur ? Harry s'était surpris à imaginer la tête qu'aurait fait Rogue si, Maître des Potions, il s'était vu ravir le poste tant convoité par l'élève qu'il haïssait le plus. Cette pensée l'aurait amusé quelques mois auparavant, mais à présent, l'idée même de Rogue le révulsait. Dire qu'il faudrait dissimuler ses sentiments...

« Il me faudra être un comédien encore meilleur que lui. » s'était dit Harry.

Mais après quelques démonst
rations, conjuration de patronus comme bouquet final, l'équipe enseignante s'était montrée rassurée sur les capacités d'Harry. Du moins ses pouvoirs, car enseigner à une classe, c'était autre chose. Harry avait donc passé le peu de jours qui précédaient la rentrée à consulter le programme et préparer ses premiers cours. Mais à présent...

Les portes de la Grande Salle s'ouvr
irent, laissant entrer un flot d'élèves qui discutaient avec animation. C'était étrange d'être de l'autre côté de la barrière, pour une fois, d'avoir le point de vue d'un professeur... Instinctivement, Harry dirigea son regard vers la table des Gryffondors. Ils étaient là, en train de s'asseoir.

Son père racontait quelque chose avec de grands gestes de la main, comme s'il mi
mait une prise de souaffle périlleuse, et prenant place à ses côtés, Lupin et Sirius le regardait avec un petit sourire. Pettigrew faillit se laissait tomber à côté du banc, tant il n'osait détourner le regard de James, qu'il fixait avec admiration.

Harry, le c½ur serré, détourna le regard avant qu'on ne remarque son regard insistant sur les Maraudeurs, et ses yeux tombèren
t sur une jeune fille à la chevelure auburn, qui discutait avec animation avec une brunette de son âge. Lily...

Harry passa rapidement sur les tables des Serdaigles et des Poufsouffles pou
r s'arrêter sur un groupe d'adolescents de Serpentard qui s'étaient installés le plus loin possible de la table des Professeurs. Comme le faisait James chez les Gryffondors, un jeune homme élancé captivait son auditoire, trois jeunes garçons de son âge et deux filles. À la périphérie du groupe, écoutant l'orateur tout en feignant l'indifférence, se tenait sans erreur possible Severus Rogue.

Harry serra les dents. Rogue était très semblable à l'image qu'il en avait eu dans la Pensine ; maigre, le teint cireux, les cheveux gras, le dos rond...

L'arrivée des Pr
emières Années fut une distraction bienvenue. Le Choixpeau chanta une chanson inédite, mais brassant toujours les mêmes thèmes (Harry se demanda combien de variations il était capable de faire au sujet des Fondateurs et des qualités propres à chaque maison) et la répartition commença.

Lorsqu'elle fut enfin achevée, ce fut au tour du festin de débuter. Harry n'avait pas parti
culièrement faim. Bientôt, Dumbledore le présenterait à ses élèves... Et demain, il commencerait les cours. Heureusement, il n'aurait pas les sixièmes années avant lundi, mais l'appréhension lui nouait l'estomac.

« Mes chers élèves, votre attention un aussi cours instant que possible, je vous prie ! »

Dumbledore s'était levé tandis que les murmures s'éteignaient et que les
dernières miettes de gâteaux disparaissaient des assiettes.

« Alors que débute cette nouvelle année, je tiens à rappeler aux élèves de la deuxième à la septième année, et apprendre à ceux
de la première année... Ainsi qu'à certains élèves d'un niveau supérieur à la mémoire parfois étrangement sélective... (son regard glissa vers le coin où étaient assis les Maraudeurs avant d'englober toute la salle) qu'il est interdit de se rendre dans la Forêt Interdite, ainsi que de se rendre à Pré-Au-Lard en dehors des visites prévues. Notre nouveau concierge, Mr Rusard, a également eu l'obligeance d'établir une liste de tous les artefacts dont la présence est indésirable en ces murs. »

Dumbledore se tourna alors vers Harry.

« Permettez-moi à présent de
vous présenter votre nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal, le Professeur Harry Granger ! »

Il y eu des applaudissements polis, mais la plupart des élèves semblaient dubit
atifs devant sa jeunesse. Harry vit James faire le geste de sucer son pouce, ce qui amusa beaucoup son entourage. Il détourna rapidement le regard en faisant comme si de rien n'était, pour croiser celui de Rogue, qui ne lui révéla rien de ses sentiments.

« Au moins, cette année, il ne cherchera pas à obtenir le poste pour lui. » pensa Harry.

Maigre consolation.

« Et pour
ceux qui suivent cette option, sachez que votre professeur d'étude des Runes, Mme Asgaard, a pris une année sabbatique pour avancer la rédaction de sa nouvelle méthode d'apprentissage... Voici donc son remplaçant, le Professeur Baltus Coomer. »

Un jeune homme au menton presque inexistant assis à côté du professeu
r Slughorn se leva pour recueillir des applaudissements indifférents.

Puis, le brouhaha revint quand les élèves se levèrent.

« Les premières années, suivez-moi ! cria Lily en se frayant un chemin vers les nouveaux élèves.

« Je te suivrais au bout d
u monde ! » lui lança James, mais Lily ne se retourna pas pour lui accorder l'honneur d'une réponse. Harry vit que son visage s'était nettement durci.

« Une élève en or, cette miss Evans,
fit Slughorn qui, malgré sa masse, s'était approché d'Harry sans que celui-ci n'y prenne garde. Elle vous épatera en cours, croyez-m'en. Riche en talent, cette promotion, mais Miss Evans... Vous verrez ! »

Avec un clin d'½il, Horace Slughorn alla rejoindre Dumbledore, tandis qu'Harry regagnait ses appartements.

Il devait avouer qu'être professeur à Poudlard avait des avanta
ges, une suite luxueuse n'étant pas le moindre. Mais cela ne calmait pas son inquiétude. Et s'il n'arrivait pas à faire ses preuves ? S'il n'arrivait pas à être un professeur respecté ? Il imagina un chahut mené par son père et Sirius, un chahut encore pire que ceux qui avaient pu se déclencher lors des cours du professeur Quirell...

Harry passa le reste de la soirée à cons
ulter son emploi du temps du lendemain, un vendredi.

Première année de Serdaigle, puis les troisièmes années de Poufsouffle... Et l'après-midi, les Septièmes années en cours commun. Il sur
vivrait, n'est-ce pas ? Au moins jusqu'à lundi, où il aurait les sixièmes années en cours commun juste avant le déjeuner. Les Maraudeurs, Lily et Rogue dans la même classe, et lui au milieu...

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L'un dans l'autre, sa journée ne se passa pas trop mal. En fait, à
part un événement plutôt embarrassant, elle fut idéale. Sa voix était au départ un peu hésitante, mais il prit vite de l'assurance. Les premières années étaient sages, un peu intimidées, mais il sut vite les captiver, même si ce premier cours se contenta d'être une introduction générale sur ce que l'on regroupait sous le terme de Forces du Mal.

L'incident eut lieu au cours s
uivant, alors qu'Harry avait divisé les élèves en paire pour organiser de minis duels, afin d'évaluer leur niveau. Depuis le début du cours, un bruit infernal avait raisonné dans la salle voisine, qu'Harry avait tout d'abord essayé d'ignorer, mais cela n'était tout simplement plus possible.

Que pouvait-il bien se passer ? Les seuls cours qui pouvaient être bruyants étaient
ceux de Défense contre les Forces du Mal, ou de Sortilèges. Or, Flitwick faisait cours dans l'aile opposée... Harry en conclut que des élèves en intercours avaient dû se réunir pour se détendre. Eh bien, les salles communes étaient faîtes pour ça, non ?

« Attendez-moi un instant, et ne vous jetez aucun sort en mon absence, » dit-il à ses élèves en sortant.

Il ouvrit violemm
ent la porte de la salle voisine, où le bruit avait atteint son paroxysme.

« C'est pas bientô
t fini, oui ? Il y a un cours à côté ! » hurla-t'il, espérant avoir l'air suffisamment autoritaire.

Une vingtaine d'élèves s'arrêtèrent net en plein mouvement pour le dévisager. Lily Evans, assise au premier rang leva les yeux du cahier dans lequel elle écrivait (« elle n'a pas tro
uvé meilleur endroit pour faire ses devoirs ? » pensa bêtement Harry), un élève de Poufsouffle qui faisait le poirier sur un bureau s'écroula dans un fracas de chaises renversées, deux élèves de Serdaigle interrompirent la partie de bras de fer qu'ils avaient improvisé, et Rogue, assis au fond de la salle, les pieds sur la table, leva un ½il moitié intéressé, moitié blasé du magasine qu'il était en train de lire, consacré aux potions, si l'on en croyait le chaudron bouillonnant sur la couverture.

« Ici aussi, il y a un cours, » fit une voix à la fois faible e
t légèrement froissée.

Harry tourna la tête et à sa grande horreur, découvrit le Professeur Coomer, debout sur l'estrade, une craie à la main, le visage empourpré. Le ricanement de Rogue f
ut clairement audible dans le silence enfin rétabli.

« Oh, euh... Très bien... » balbutia Harry, en devenant lui aussi très rouge.

Tous les élèves le dévisageaient, l'air plutôt amusé pou
r la plupart. Seule Lily semblait comprendre son embarras, et son sourire à elle était compatissant.

« Eh bien, je vous laisse, alors. »

Coomer répondit par un grognement, tandis qu'Harr
y battait en retraite. Il eut encore le temps d'entendre Coomer, dans un sursaut d'autorité, faire remarquer à Rogue que son cours n'était pas le lieu pour lire des magasines et de lui apporter le sien sur le champ, et Rogue lui répondre d'une voix ennuyée d'attendre qu'il soit arrivé à la fin de l'article qu'il lisait.

Le reste de la journée se passa sans nouveau problème,
même si le professeur d'étude des Runes lui jeta un regard plein de ranc½ur au déjeuner, et l'ignora pendant tout le dîner, bien qu'ils fussent assis côte à côte.

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La matinée était déjà bien avancée lorsque Harry se réveilla le lendemain matin. On était samedi
et à en juger par ce qu'il voyait par la fenêtre, le temps était particulièrement beau. Eusse t'il était encore élève qu'il se serait précipiter sur le terrain de quidditch, mais que pouvaient bien faire les professeurs le week-end ? Harry se laissa retomber sur son oreiller, et ne se leva finalement que bien plus tard, pour le repas de midi, avec son estomac criant famine.

La grande salle était à moitié vide lorsqu'il prit place au côté de Dumbledore, qui entamait une tourte au pigeon d'un air guilleret.

« Bilan de votre première journée, Harry ? » demanda t
'il après être venu à bout de la première bouchée.

Harry se demanda s'il était déjà au courant de son intervention pendant le cours de Coomer.

« Pas mal du tout, je dois dire. Les élèves
sont assez sages. »

Dumbledore eut un petit sourire.

« Vous
changerez sans doute d'avis après avoir eu les Sixièmes Années. Mais je ne voudrais pas vous gâcher la surprise... Que diriez-vous d'une promenade dans le parc, après le repas ? J'aimerais discuter avec vous de la situation actuelle. Sans doute êtes-vous au courant de celle-ci dans les grandes lignes, mais si vous ignorez certains faits récents qui ont pu par la suite tomber dans l'oubli, cela pourrait paraître suspect. »

Harry y avait déjà pensé lorsqu'il avait croisé deux Serdaigles discutant de
s méfaits particulièrement sordides d'un Mangemort en cavale du nom de Scipio Robinson, dont il n'avait jamais entendu parler.

« Volontiers » répondit-il avec chaleur.

Aussi, quelques heu
res plus tard, Dumbledore et lui longeaient le lac, contemplant des massifs de roseaux qui le flanquaient. Le directeur avait résumé au Gryffondor les derniers événements, et la conversation avait dérivé vers des sujets plus plaisant. En fait de conversation, Dumbledore monologuait, racontant diverses anecdotes sur ses années d'enseignement, tandis qu'Harry l'écoutait avec un étrange mélange de joie et de tristesse. Dire qu'il avait pensé ne plus jamais entendre le son de la voix de Dumbledore ! Harry laissa son regard filer vers le terrain de quidditch, au-dessus duquel un élève enchaînait des figures aériennes spectaculaire. Était-ce son père ? Alors que les deux hommes approchaient d'un buisson de roseaux, celui-ci s'agita légèrement, malgré l'absence de vent.

« Tiens, tiens mais qu'est-ce qui, ou qui peut bien se cacher là ? » fit Dumbledore d'une petite voix amusée.

Les mouvements cessèrent puis un « Coin ! Coin ! » s'éleva
du buisson.

« Ah, c'est vous, Mr Rogue ! continua Dumbledore, son sourire s'élargissant.

Les roseaux s'agitèrent plus violemment et Severus Rogue en sortit effectivement, les yeux baissé
s. Il avait les genoux et les mains boueux et trempés et son visage portait aussi des tâches de boues. Harry trouva qu'avec son air maussade, ses vêtements bon marchés et débraillés et son aspect négligé, il avait tout l'air d'un épouvantail dépressif.

« Votre marge de progression avant de pouvoir imiter parfaitement le canard est pour le moins impressionnante, Mr Rogue, »
poursuivit aimablement le vieil homme.

Rogue leva brièvement les yeux vers ses professeurs, mais il était difficile de lire son expression. Il se concentra à nouveau sur ses chaussures, et
marmonna :

« Je commence tout juste à imiter le canard. Mais mon imitation du héron est parfaitement au point. »

Dumbledore avait à présent l'air vraiment intéressé. Harry ressentait un
mélange de fureur et de malaise à l'idée de voir le vieux directeur parler aussi gentiment à celui qui l'en remercierait de si horrible manière, des années plus tard.

« Vraiment ? »

Rogu
e hocha la tête, porta les mains à sa bouche, et fit la démonstration de ses talents d'imitateur. Harry n'avait jamais entendu de héron, mais il doutait que son cri fut aussi semblable à celui d'un cochon qu'on égorge.

« Impressionnant, je dois le reconnaître. Mais puis-je cependant vous demander ce que vous fabriquiez là ? » s'enquit Dumbledore.

Rogue sortit un gros pot de
confiture qui déformait la poche de sa robe de sorcier. Il était rempli d'eau dans laquelle nageaient des têtards.

« Le professeur Slughorn nous a chargé, Evans et moi, de lui ramener de
s têtards, on en aura besoin la semaine prochaine pour la potion d'hallucination. Quoique des tritons seraient plus indiqués, mais je n'ai pas réussi à en attraper. » expliqua le Serpentard d'une voix morne. Il gardait les yeux sur ses chaussures, comme si elles présentaient un intérêt inégalable.

« Heureusement que je suis là, alors, » fit une voix claire et joyeuse.

Les t
rois autres tournèrent la tête vers un massif de roseaux situé un peu plus loin, d'où Lily Evans émergea, radieuse, un pot à confiture dans chaque main.

Tout comme Rogue, elle était débrai
llée, sale, et échevelée. Mais contrairement à Rogue, cela ne lui donnait rien de ridicule. Elle avait exactement l'air du genre de fille qui remplissait les tâches salissantes sans se gêner, en en riant même, ce qui ajoutait une touche de décontraction à son charme naturel.

« Comme ça, tu pourras me montrer en quoi les tritons donnent de meilleurs résultats que les têtards
, Rogue. »

Celui-ci lui jeta un bref coup d'½il renfrogné avant de reporter son regard sur le pot à confiture. Les têtards qui s'y trémoussaient avaient l'air encore plus captivant que ses
chaussures.

« Oui, compte là-dessus, Evans. » marmotta-t'il.

Lily fronça les sourcils, mais ne dit rien. Harry essayait tant bien que mal de garder un air dégagé seyant à une conversati
on non formelle entre professeurs et élèves, mais il bouillait intérieurement. Comment cette punaise osait-elle parler sur ce ton à sa future mère ?

« Puisque la pêche a été bonne, fit gai
ement Dumbledore, je vous propose de rentrer vous débarbouiller avant le dîner. Oh, et évitez de croiser Mr Rusard, visiblement, il est très à cheval sur l'hygiène, celle du bâtiment, en tout cas. Il a littéralement terrorisé ce pauvre Dave Goujon pour avoir fait tomber une miette de sa barre chocolatée dans un couloir... »

Lily leur souhaita une bonne soirée et se dirigea v
ers l'école d'une démarche légère. Rogue lui emboîta le pas, ses chaussures faisant schlouik-schlouick et crachant de l'eau à chacun de ses pas.

Le cygne et le singe, pensa Harry en les r
egardant s'éloigner.

« Je suis comme sous l'impression, Harry, fit Dumbledore d'une voix beaucoup plus sérieuse, que vous avez appris, au cours de votre jeune existence, à dissimuler certa
ins de vos sentiments. C'est une bonne chose. J'ignore quels torts Severus Rogue a pu vous causer dans le futur, mais il serait injuste d'en accabler un garçon encore innocent. »

Harry se
demanda s'il parvenait à bien dissimuler les sentiments qu'avaient soulevés ces dernières paroles.

À suivre.

Et voilou ! Dans le chapitre suivant, premier cours avec les Sixièmes années
!

# Posté le jeudi 10 mai 2007 15:50

L'homme de Dumbledore - Chapitre 3 - Bouche cousue, Mr Potter !

L'homme de Dumbledore - Chapitre 3 - Bouche cousue, Mr Potter !
Le premier cours de la matinée du lundi, qui vit Harry enseigner à des quatrièmes années de Serpentard les manifestations de sortilèges impardonnables, passa pour le jeune professeur à une vitesse surréaliste. Avant même qu'il réalise que la cloche sonnant la fin de la récréation de 10 heures avait finit de retentir, les premiers élèves de sixième année entrèrent dans la salle, et s'installèrent en bavardant.

James entra d'un pas conquérant, jeta à Harry un regard i
nsolent et alla s'asseoir près de la fenêtre, bientôt rejoint par Lupin et Sirius. Visiblement, Queudver n'avait pas atteint le niveau requis pour des études avancées dans cette matière, ce qui n'étonna que très moyennement Harry.

Lily Evans s'installa, comme en étude des Runes, devant le bureau, à côté d'une él
ève de Serdaigle couverte de tâches de rousseur.

Les Serpentards arrivèrent en dernier, sans hâte excessive. Il s'agissait du groupe qu'Harry avait remarqué
lors du banquet de début d'année. Rogue s'installa à côté du plus petit des garçons de la bande, un rouquin au menton fendu par une fossette et aux oreilles décollées.

« Allons, silence, que je fasse l'appel ! » lança Harry.

Le brouhaha cessa. Il n'y avait aucun absent, mais cela permit à Harry de mettre un no
m sur les têtes qui l'intriguait le plus. Le garçon brun et élancé n'était autre qu'Evan Rosier. Rosier avait un physique avantageux et pouvait paraître aussi séduisant que Sirius du moins tant qu'il n'ouvrait pas la bouche, car sa voix nasillarde lui faisait perdre pas mal de sa superbe. Son voisin était un autre futur Mangemort, Ashley Wilkes. Wilkes était aussi blond qu'Evan était brun, aussi trapu qu'Evan était longiligne. Quant au voisin de Rogue et le dernier Serpentard qu'Harry ne connaissait pas, ce n'était nul autre que Connor Avery, qui s'attirerait plus d'une fois les foudres de Voldemort par sa maladresse.

«
Eh bien, autant ne pas perdre de temps et commencer tout de suite. Jusqu'ici vos professeurs se sont succédés sans rester jamais plus d'un an. Malgré les problèmes que pose un enseignement discontinu, vous êtes tous parvenu à obtenir au moins un E à vos Buses, ce qui suppose un niveau plus qu'honorable, l'examen n'ayant jamais été facile. »

Harry vit James et Sirius échanger un sourire en coin. Eux n'avaient pas rencontré de difficultés particulières, Harry le sava
it.

Eh bien moi non plus, pensa t'il.

« Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut se reposer sur ses acquis. Dès aujourd'hui, nous allons passer à la vitess
e supérieure, avec les Sortilèges Non-Verbaux. Quelqu'un peut-il me dire de quoi il s'agit ? »

Lily leva la main, ainsi qu'un Serdaigle rondouillard. Rogue
et les Maraudeurs ne firent pas un geste, bien qu'Harry sache très bien que le Serpentard, Sirius et James étaient parfaitement au courant de ce dont ils s'agissaient, et maîtrisaient déjà la technique.

« Oui, Miss Evans ? »

Lily se leva.

« Les sortilèges non-verbaux sont des sorts que l'on lance sans prononce
r l'incantation à haute voix, ce qui permet de gagner quelques fractions de secondes sur son adversaire au cours d'un duel. La difficulté est que cela demande un effort de concentration plus intense. »

James tapa vigoureusement dans ses mains.

« Bravissimo ! » beugla t'il.

La plupart
des élèves éclatèrent de rire, mais Lily se rassit, les lèvres pincées. Les Serpentards ne riaient pas davantage, en particulier (ô surprise !) Severus Rogue, qui lança un regard méprisant à James.

« Excellente définition, Miss Evans. Cinq point pour
Gryffondor. Quant à vous, Mr Potter, cessez de faire l'imbécile heureux. Nous verrons si vous savez vous taire aussi bien que vous savez crier. »

Il y eut de nouveaux rires, incluant cette fois Lily et même Wilkes et Rosier. Rogue, en revanche,
faisait tourner sa baguette dans sa main avec indifférence.

« Allons, retroussez vos manche, et au boulot, reprit Harry. Mettez-vous par paire, l'un lançan
t un sort, l'autre se chargeant de le parer. Tout cela sans un mot, bien sûr.

Les paires se formèren
t assez vite, et au grand déplaisir d'Harry, Rogue se retrouva avec Lily : il avait pensé que le Serpentard jetterait son dévolu sur son voisin immédiat, mais Avery, qui, de façon tout à fait compréhensible, n'avait aucune envie de recevoir des maléfices de Rogue, s'était littéralement jeter sur la Serdaigle aux tâches de son dès qu'Harry avait fini sa phrase.

L'idée
que Rogue puisse lancer à Lily des mauvais sorts en tout impunité sous son nez même rendait Harry malade. Mais, à son grand soulagement, les deux adolescents semblèrent tomber d'accord sur le fait que la Gryffondor commencerait en attaque.

Harry observa les groupes de son bureau pendant quelques minutes, avant
de circuler dans les rangs. Comme de bien entendu, la plupart des élèves éprouvaient la plus grande difficulté, et tentaient de tricher en marmonnant les formules.

« Bouche cousue, Cartwright ! » fit Harry au Serdaigle adipeux.

James et Sirius, de leur côté, se renvoyaient sorts sur sorts avec décontraction. Il
s parlaient néanmoins, non pas pour prononcer des formules, mais commentant les résultats du Championnat de Quidditch.

« Très bien tout ça ! Vous apportez d
ix points chacun à Gryffondor ! »

Tous les autres groupes de travail s'arrêtèrent pour contempler les deux prodiges avec admiration. Rogue se renfrogna enco
re, si la chose était possible.

« Allons, on se remet au travail ! Miss Evans, Mr Rogue, où en êtes-vous ? »

Rogue tomba soudain en contemplation devant le
bout de sa baguette.

« Elle n'a pas en
core réussi à envoyer un seul sort. » marmonna t'il.

Sa voix n'avait cependant pas la nuance de mépris qu'Harry aura
it attendu.

« Eh bien, fais-le toi, puisque tu es si fort, Mr Je-Sais-Tout ! » rétorqua Lily sèchement.

Rogue haussa les épaules.

« Pourquoi je perdrais m
on temps à t'envoyer un sort dont je sais déjà qu'il atteindra son but parce que tu seras incapable de le dévier sans parler ? » fit remarquer Rogue.

Lily r
ougit et inspira.

« Bon, on se calme ! intervint Harry avant que la sit
uation ne lui échappe. Miss Evans, recommencez, je vais vous aider. Mr Rogue, préparez-vous. »

Lily pointa sa baguette sur Rogue, les sourcils froncés.

« Bien concentrez-vous sur la formule et le but à atteindre, essayez de visualiser le so
rt jaillissant de votre baguette... » expliqua Harry, se faisant un peu l'effet d'un Yoda à la petite semaine.

Un éclair rouge annonçant un sortilège de dés
armement sortit enfin de la baguette de Lily, mais il semblait plus faible qu'un expelliarmus ordinaire. Rogue le contra sans la moindre peine.

« Vous voyez
, Miss Evans, vous y étiez presque ! Encore cinq points pour Gryffondor. Et dix pour Serpentard, le bouclier était parfait, Mr Rogue. »

Je ne suis pas aussi
partial que toi, mon gaillard ! pensa Harry.

Lily avait l'air heureuse de sa performance, et même Rogue sembla moins maussade, le temps d'un éclair. Mais u
ne voix moqueuse s'éleva, qui rappela pendant une fraction de seconde à Harry le Drago Malefoy des grandes heures.

« Dix points ? ricana
James en faisant sauter sa baguette dans sa main. Le sort ne fonctionnait pas à pleine puissance, son bouclier n'aurait pas tenu, sinon ! Pourquoi aurait-il autant de points que moi et Sirius, alors que nos sorts à nous étaient parfaits ? »

Tout le monde se figea. James et Sirius arboraient un sourire décontracté, mais Lupin sembl
ait gêné. Les autres élèves avaient juste l'air curieux de voir comment Harry allait réagir. Rogue et Lily étaient tous les deux livides de rage.

« Vraiment
, Mr Potter ? Dites-moi, Mr Rogue, accepteriez-vous que Mr Potter vous lance un de ses sorts parfaits ? Nous saurions alors si le système de Mr Potter vaut mieux que le mien. »

Montre-lui que tu as confiance en ses capacités, et il te fera à son tour plus facilement confiance, se dit Harry. Mais Rogue et la conf
iance... C'était risqué. Et si Rogue refusait ou échouait ?

« Volontiers, professeur, » fit Rogue d'une voix douce en se plaçant en face de James. Avant mêm
e qu'Harry lui fasse signe de commencer, le Gryffondor lança un sort sur Rogue, que celui-ci renvoya si violemment sur James que le jeune homme ne put l'esquiver. Le Maraudeur se couvrit aussitôt d'affreux furoncles, sous les rires des Serpentards.

« Voilà qui règle la question. Mr Black, Mr Lupin, conduisez vot
re camarade à l'infirmerie, où il méditera sur les bienfaits du silence, pendant que Mme Pomfresh s'occupe de son cas. Le cours est terminé, tout le monde dehors ! »

Harry ne manqua pas le regard mauvais que James lui lança avant de
sortir.

Et voilà ! pensa Harry avec amertume, tu te fâches avec ton père pour l
e bénéfice de cette moisissure de Rogue ! Mais il l'a quand même cherché...

Les autres élèves rangeaient leurs affaires en discutant avec enthousiasme. Visi
blement, le cours avait eu l'heur de leur plaire.

Les Serpentards furent les premiers à sortir, à l'exception de Rogue, qui rangeait ses affaires dans son s
ac avec une lenteur peu naturelle, et alors que les derniers élèves s'en allaient, Harry entendit distinctement Lily, qui avait aussi pris son temps, glisser à l'oreille de Rogue :

« J'ai quelque chose à te dire. Je t'attends dans la salle à côté »

Elle sortit, laissant Harry pantois. Qu'est-ce que sa mère pouv
ait bien avoir envie de dire à Rogue ? Lily et Rogue seuls dans une salle déserte, il n'aimait pas cela du tout. Qui savait de quoi ce sale petit mage noir était capable ? Même Dumbledore ne l'avait jamais vraiment su...

Rogue rangea ses derniers livres fébrilement et quitta la pièce. En se rete
nant pour ne pas lui emboîter immédiatement le pas, Harry le suivit. Le couloir était vide, tous les autres étaient déjà parti manger.

Harry jeta un coup d'½il à droite et à
gauche avant de revenir sur ses pas et de coller son oreille à la porte située près du tableau, communiquant avec la pièce voisine.

« Il a l'air bien ce p
rof, non ? » disait Lily d'un ton dégagé.

« Il n'a pas l'air trop mal. En tout cas, il change agréablement du vieux birbe qu'on s'est traîné l'année précéde
nte. Et j'espère que ses cours se finiront toujours de la même façon. Mais tu ne voulais quand même pas me parler de lui, si ? »

« Non, tu t'en doutes bien.
.. »

« Alors, demanda Rogue, tu as trouvé un moyen ? »

Lily mit un moment à répondre.

« Oui, et ça m'a pris une bonne partie de l'été. Et ce n'est que la
théorie, alors... C'est pour ça, je voulais savoir si tu étais prêt à le tester dès ce soir... Mais je voulais aussi te dire autre chose... C'est important. »

Harry entendit des bruits de pas, comme si que
lqu'un marchait de long en large.

« Important ? fit Rogue d'une voix tendue »

Il y eu un nouveau silence.
Visiblement, Lily ne savait pas par où commencer.

« Eh bien... Je compte en rester là, après ce soir. Au début, c'était intéressant... Bon, ça l'est toujour
s et même de plus en plus, ce n'est pas ça, mais... Rogue, ça devient trop dangereux. Ce qu'on fait est de plus en plus dangereux et je préfère en rester là avant qu'on le regrette. »

Harry, l'oreille collée à la porte, frôlait la syncop
e.

« Dangereux ? s'emporta Rogue. Toi aussi, tu penses que je suis dangereu
x, hein ? Je ne fais rien de mal. Tu le sais, tu es concernée, non ? Tu y as ta part autant que moi ! »

Un bruit de chaise renversée retentit.

« Rogue, cal
me-toi, fit Lily d'une voix ferme qu'Harry, malgré la situation, ne put qu'admirer. Je n'ai pas dit cela, et tu le sais. Seulement, l'époque est mal choisie pour ce genre de choses. Ce soir sera la dernière fois, pour moi en tout cas. Ce que tu comptes faire après ne me concernera plus. »

Il y eu un nouveau blan
c.

« Parfait, fit enfin Rogue d'une voix sourde. Ce soir, 20 heures, Salle sur Demande. »

Il y eut un bruit de porte claquée. Harry attendit un instant, pu
is entendit Lily sortir de la salle à son tour. Les jambes flageolantes, il se porta jusqu'à sa chaise derrière son bureau et s'y laissa tomber. Était-il possible que sa mère et Rogue... Non, c'était vraiment ignoble. Impossible. Eh bien il en aurait le c½ur net. Salle sur Demande, à 20 heures ? Il y serait aussi. Ses plans de s'attirer la confiance de Rogue venaient d'être jetés aux orties. Il se débarrasserait du petit monstre dès ce soir, avant que le Serpentard fasse de nouveaux dégâts.

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Il était 19 heures
45 lorsque Harry, recouvert de sa cape d'invisibilité, se posta devant l'endroit où apparaissait la porte de la Salle sur Demande quand la procédure voulue était remplie. Il devrait vite se glisser à la suite de Rogue et Lily lorsque le moment serait venu, sans se faire remarquer. Que ferait-il ensuite, il ne le savait pas exactement. Jaillir de sous sa cape au moindre geste déplacé de Rogue ? Il n'en savait rien, mais il ne pouvait pas faire comme s'il n'avait rien entendu le matin. Pas quand Lily Evans était concernée !

Quelques minutes plus tard, sa mère arriva et contempla la tapisserie accrochée au mur d'en face.
Rogue ne tarda pas à la rejoindre. Tous deux se mirent à faire des allés retour, et bientôt, une porte apparue. Harry parvint par miracle à les suivre sans les bousculer ou se retrouver coincé dans l'embrasure. Pas de doute, il progressait.

Harry fut surpris par le choix que les deux élèves avaient fait : il s'a
gissait d'une pièce toute simple, avec une table et de quoi écrire. Seul détail insolite, un rat s'agitait dans une cage. Harry n'avait pas su exactement à quoi s'attendre, mais quand même... Pas du tout l'endroit pour un dernier rendez-vous en couple !

« Bien, fit Rogue en sortant sa baguette de sa poche et en
désignant le rat de celle-ci, j'y vais ? »

Lily avait l'air mal à l'aise.

« Je ne sais plus vraiment. Je sais que je t'ai dit que... Mais imagine que je me
sois trompée ? Cette fois, on risque de vraiment de lui faire très mal, et si on ne le soigne pas à temps... Ce n'est pas un petit maléfice amusant comme les autres. Rogue, est-ce que tu te rends compte que c'est presque de la magie noire ? »

Harry ouvrit de grands yeux.
C'était donc cela, les réunions secrètes de Lily et Rogue ? Des lancers de mauvais sorts sur un rat ?

« Je ne lui ferais pas si mal que ça, protesta Rogue, impatient. Je sais doser la puissance, j
e pourrais ne lui faire qu'une estafilade. Mais on aurait du mal à voir la portée de ton contre-sort, dans ce cas-là. Tu as toujours réussi du premier coup. Allons-y. »

Rogue tendit sa baguette vers la pauvre bête, qui semblait ne se douter de rien.

« Non, attends ! Je suis désolée, mais... Non. »

Rogu
e regarda Lily, et il eut soudain l'air furieux.

« Ah, d'accord, dit-il d'une voix étrangement douce et basse. Tu ne veux pas qu'on utilise ton ami le rat ? Eh bien
, parfait, plus besoin de rat. »

Aussitôt, la cage et son habitant se volatilisèrent.

« Mais ça ne change rien,Evans. J'ai inventé un mauvais sort, on ne p
eut pas le laisser sans parade. Nous sommes les seuls à le connaître mais imagine qu'un jour, d'une manière ou d'une autre, quelqu'un en prenne connaissance. Quelqu'un de mal intentionné ? »

Lily baissa les yeux.

« On s'était mis d'accord, Evans, lorsque tu m'as dit que tu projetais de faire carrière dans la Co
mmission des Sortilèges Expérimentaux. Je t'ai montré les sorts que j'avais inventés, pour que tu t'exerces à inventer toi-même des sortilèges. Un bon entraînement, non ? Et plus les sorts que je te montrais étaient puissants, plus tes contre-sorts l'étaient. Evans, je te jure que si cela te dérange vraiment, j'arrêterais et toi aussi. Mais ce maléfice-là existe. Tu dois tester ton contre-sort. Tu n'as jamais fait d'erreur, il n'y a pas de raison que ça change. Mais puisque tu répugnes à utiliser de gentils rongeurs comme cobayes... »

Harry, encore sur le coup de ce qu'il venait d'entendre, serra sa baguette dans sa poc
he. Si Rogue comptait remplacer le rat par Lily...

« Tu n'as qu'à me lancer le sort, puis le contre-sort, et on verra bien ! » acheva Rogue.

Lily dit alors
tout haut ce qu'Harry pensait tout bas.

« Tu es cinglé ? Je t'ai déjà vu faire un esta
filade à James avec et là tu voudrais que je te le jette à pleine puissance ? Tu es malade, je ne veux pas me retrouver avec ton cadavre sur les bras ! »

Rogue eut un mouvement impatient.

« Aucun risque Evans. Tu n'es pas pr
ête à prendre des risques pour la Connaissance ? »

Lily leva les yeux au ciel.

« Pas des risques avec la vie d'un ami, en tout cas, espèce de dingue ! »

R
ogue ouvrit la bouche un instant, puis la referma.

« On utilise le rat. » trancha Lily.

La cage et le rongeur se matéri
alisèrent à l'instant.

« Tu es prêt
? Vas-y ! »

Rogue s'ébroua, visa le rat et hurla :

« SECTUMSEMPRA ! »

Aussitôt, le misérable animal fut recouvert de profondes coupures, le sang gicla...


Horriblement pâle, Lily s'approcha. Ses lèvres tremblaient et elle semblait incapable de parler, mais respirant un grand coup, elle se reprit, et commença
à réciter une formule ressemblant à une chanson.

Harry la reconnut sans peine : Rogue l'avait utiliser sur Malefoy l'année précédente. Bientôt le rat ce
ssa de geindre et de s'agiter.

Lily ouvrit sa cage et l'en sortit.

« Il y a toujours des traces de coupures, mais elles sont bien refermées. Elles ne tarderont
pas à disparaître. »

Rogue examina le rat à son tour.

« Quand je te disais qu'il n'y aurait pas de problème. Apprends-moi la formule, maintenant. »

Avec
un léger soupir, Lily lui fit réciter l'incantation. Rogue la mémorisa sans peine, et bientôt tous deux retombèrent dans le silence.

« Alors, c'était la der
nière séance ? marmonna finalement Rogue, tu es bien sûre ? Regarde comme ça s'est bien passé, tu peux changer d'avis. »

Mais Lily secoua la tête.

« Non, R
ogue, je suis désolée, mais j'ai fait mon choix. Crois-moi, je te suis très reconnaissante pour tout ce que tu m'as montré. C'était un bon entraînement, et il me servira lorsque je devrais me faire accepter à la Commission. Mais j'aimerais me pencher sur d'autres genres de charmes que les mauvais sorts. »

Elle t
apota le bras de Rogue qui baissa les yeux en se mordant la lèvre, et se dirigea vers la porte.

« Bonsoir. » fit-elle gentiment avant de sortir.

Le Serpent
ard resta un long moment immobile, puis sembla revenir à la réalité et quitta la pièce à son tour.

Harry retira sa cape d'un grand coup, essayant d'assimile
r ce qu'il venait de voir. Tous les sorts que Rogue avait inventé, que lui-même avait découvert consignés dans le vieux livre de potion, tous ses sorts, il les avait partagé avec Lily pour qu'elle en découvre les contre-sorts ? Pour l'aider ?

Et Li
ly n'avait-elle pas également avoué qu'elle considérait Rogue comme... Un ami ?

Harry sortit de la salle sur demande et se dirigea vers ses appartements, pendant que la porte s'effaçait derrière lui.

C'était à peine croy
able. Que Rogue ait pu faire confiance à sa mère, alors qu'il la considérait comme une Sang-de-Bourbe moins que rien... Tout ce qu'il avait cru établi prenait une perspective différente. Enfin, pas tout.

« N'oublies pas que Rogue est un Mangemort, l'assassin de Dumbledore. Il dev
ait poursuivre un but auprès de Lily, vouloir gagner sa confiance. C'est pour cela qu'il était si déçu qu'elle jette l'éponge, il n'a pas encore atteint son but. »

Oui, c'était sans doute c
ela. Quant à sa promesse de ne plus poursuivre ses inventions, dont la dangerosité s'accentuait... Ouais, tu parles... Harry n'avait pas testé tous les sortilèges du Prince, après tout. Il y en avait peut-être d'autres, postérieurs, encore plus destructeurs que le Sectumsempra ? S'il pouvait en avoir la preuve...

# Posté le vendredi 11 mai 2007 14:45

L'homme de Dumbledore - Chapitre 4 - Sortie à Pré-Au-Lard

L'homme de Dumbledore - Chapitre 4 - Sortie à Pré-Au-Lard
Les deux semaines qui suivirent furent, dans l'ensemble, assez agréables. Les cours d'Harry avaient pris leur vitesse de croisière, et à quelques exceptions prêt, les élèves en avaient l'air ravi. Harry ignorait si c'était parce que ses cours étaient vraiment intéressants ou à cause de l'agréable contraste qu'il faisait avec ceux, particulièrement catastrophiques, que les étudiants avaient dû subir l'année précédente. Seuls James Potter et Sirius Black semblaient les apprécier moyennement, à cause de l'incident du premier jour. James n'avait plus ouvert la bouche à tort et à travers durant l'un d'eux, mais dans les couloirs, il ne manquait pas de faire remarquer à quel point ce que demandait Harry était d'une facilité déconcertante pour des élèves de leur niveau. Harry avait surpris le regard de son père sur lui à plusieurs reprises et commençait à s'inquiéter un peu. Il devait sans doute s'attendre à une mauvaise blague en représailles. James Potter n'allait pas passer sur le fait qu'Harry avait permis à Rogue de le ridiculiser en plein cours sans broncher.

Ce n'était pas le seul problème d'Harry, cependant. Ses projets de surveillance de Rogue ne servaient absolument à rien. Il le suivait, en général caché sous sa cape d'invisibilité pour ne pas éveiller les soupçons, mais il n'y avait pas grand-chose à signaler : Rogue allait à la bibliothèque et en cours, la plupart du temps seul, parfois à la traîne du groupe habituel de Serpentard, qui tolérait sa présence sans enthousiasme débordant. Harry ne l'avait plus vu reparler à Lily depuis la scène de la Salle sur Demande. Tout cela lui prenait néanmoins du temps, et entre cela et ses cours, il fréquentait assez peu ses collègues en dehors des heures de repas. Ceux-ci comprenaient qu'il soit un peu à l'écart, supposant que le fait de ne pas être de la même génération l'isolait. Le seul autre professeur de moins de 30 ans était Baltus Coomer, et ce dernier tenait toujours rigueur à Harry de son intervention inopportune.

Harry avait vraiment l'impression de piétiner et de perdre son temps. Il ne pouvait pas avoir Rogue à l'½il tout le temps. En tout cas, il n'avait pas été là quand James et Sirius, pour se venger de son attitude lors du premier cours de Défense contre Les Forces du Mal, avaient envoyé Rogue à l'infirmerie après lui avoir jeté au visage une pleine bassine de pus de bulbobulb non dilué. McGonagal avait été si furieuse qu'elle les avait collés pendant un mois.

« Ces deux-là ont vraiment besoin d'un peu de plomb dans la cervelle, je doute qu'ils aient un instant soupçonné l'étendue des dégâts qu'ils auraient pu faire. Si le garçon n'avait pas eu le réflexe de protéger ses yeux avec son bras, il aurait aussi bien pu devenir aveugle, » avait-elle tempêté pendant le repas qui avait suivi.

Les autres professeurs avaient acquiescé mollement.

« Bah, avait fait Coomer, il me semble que le gamin en question l'avait un peu cherché, non ? Il aurait lancé un sort à Mr Potter peu de temps auparavant... »

Harry, qui n'aimait toujours pas Rogue mais que l'action de son père avait révolté l'interrompit sèchement.

« C'était à mon cours. »

Coomer eut un sourire mauvais.

« Vous laissez les élèves s'envoyer des mauvais sorts en plein cours ? »

Il semblait ravi de penser que la situation dérapait pendant les classes d'Harry.

« Eh bien... Oui, fit ce dernier. C'est un peu le but, en Défense contre les Forces du Mal : envoyer des sorts pour que l'autre s'entraîne à les parer. »

Les professeurs voisins eurent un petit rire et Coomer rougit violemment.

« Tout ce que Rogue a fait, c'est renvoyer le sort que lui avait lancé Potter. Celui-ci n'a pas apprécié d'avoir été battu sur ce qu'il considère comme son terrain, c'est tout. »

Plus personne n'insista et ils changèrent de sujets.

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Vint le moment de la première sortie à Pré-Au-Lard. Si habitué qu'il était à y aller en tant qu'élève, Harry n'avait même pas eu l'initiative de s'y rendre seul avant. Mais cela lui paru une bonne idée, aussi sortit-il à la suite des élèves, sa cape d'invisibilité soigneusement pliée dans une poche de sa robe. Hors des murs de Poudlard, peut-être que Rogue tenterait quelque chose d'inhabituel. Elle pouvait toujours lui être utile. Où était le Serpentard ? Harry l'aperçut enfin, avec trois condisciples, en train de franchir le portail de l'école. Rosier et Wilkes marchaient en tête, et Rogue et un garçon plus jeune les suivaient en silence.

Le dernier garçon, Harry le savait, n'était autre que Regulus Black, le frère cadet de Sirius. Regulus était, comme son frère, plutôt gâté par la nature, mais il n'était pas aussi athlétique que son aîné, ni aussi doué. Il avait l'air un peu maladif. Quoi qu'il en soit, il était assez différent de ce qu'Harry avait imaginé quand Sirius lui en avait parlé, longtemps auparavant. Élevé dans une riche famille de Sang-Pur telle que les Black, dont il adoptait les opinions, Regulus, dans l'esprit d'Harry, était un précurseur de Drago Malefoy. Or, si ses idées, comme l'avait dit Sirius, devaient rejoindre celles de Voldemort, le garçon de 15 ans n'en laissait rien paraître. Extérieurement, il avait l'air calme, poli et appliqué.

Toujours se méfier de l'eau qui dort...

Harry les suivit à distance, saluant de temps en temps un élève qui le dépassait. Arrivé au village, il s'apprêtait à les suivre quand un grand jeune homme blond de Poufsouffle l'accosta. Harry ne l'avait pas en cours et ne le connaissait donc pas.

« Professeur Granger, fit le garçon, est-ce que je pourrais vous parler ? »

Harry regarda par-dessus l'épaule du jeune homme Rogue s'éloigner avec les Serpentards.

« Mais bien sûr ! répondit Harry avec un sourire forcé, parlons en marchant ! »

Il fit un pas vers la grille, mais le Poufsouffle ne bougea pas.

« Je ne vais pas à Pré-au-Lard, j'ai un entraînement de quidditch dans un quart d'heure, et le capitaine de l'équipe ne peut pas se permettre d'être en retard, vous comprenez, professeur ? » rétorqua le garçon d'un ton supérieur.

Le sourire forcé d'Harry s'effaça. Il ne se prenait pas pour la moitié d'un confetti, celui-là !

« Venez-en au fait, alors. » dit-il finalement d'une voix sèche.

Son interlocuteur se rengorgea.

« Je m'appelle Malachias Smith, et je suis en Septième année à Poufsouffle. »

Curieux, je m'en serais douté... pensa Harry amèrement. Visiblement, il avait coulé son fils dans le même moule.

« Joli nom ; bien que Smith ne soit pas très original ; fit Harry avec impatience. Et alors ? »

Smith parut décontenancé. Il n'avait visiblement pas l'habitude qu'on lui parle sur ce ton.

« Voilà, j'ai toujours été très bon en Défense Contre les Forces du Mal, malheureusement, mes BUSES dans cette matière ne se sont pas aussi bien passées... Un accident, vous savez ce que c'est... Je n'ai donc pas pu avoir Efforts Exceptionnels, ce qui d'habitude était pour moi un jeu d'enfant. Je voulais donc vous demander de m'accepter en cours, même si normalement... »

Harry n'avait aucune envie de lui faire une faveur. Smith lui était odieux, et le fait qu'il lui ait fait perdre de vue les Serpentards n'améliorait pas son cas.

« Pas question. Les résultats des BUSES sont officiels, et il n'y a pas de repêchage, un élève n'ayant qu'Acceptable ne sera pas au niveau pour ce que je demande... »

Malachias Smith serra les poings.

« James Potter m'a dit que le niveau de difficulté à vos cours n'avait rien d'élevé. »

Merci Papa.

« Et ce que dit James Potter est parole d'Évangile ? rétorqua Harry. Même dans le cas improbable où il dirait vrai, je doute que vous, en revanche, soyez de son niveau. Je crois que vos coéquipiers vont vous attendre. »

Sans un mot, il contourna Smith et marcha vers le portail.

Une fois dehors, il suivit le chemin le plus vite possible. Les Serpentards n'avaient aucune raison de se presser, il avait une chance de les rejoindre avant qu'ils ne se perdent dans la foule d'élèves en goguette.

Mais les quatre garçons n'étaient nulle part en vue.

Agacé, Harry entra aux Trois Balais, espérant qu'ils y soient. Le pub était bondé, mais Rogue, Regulus, Rosier et Wilkes n'étaient pas au nombre des buveurs. Secouant la tête le Gryffondor alla chercher une bièraubeurre au comptoir et trouva une place à une table.

Posant sa pinte, il laissa son regard errer dans la salle. Non loin de lui, les Maraudeurs étaient assis autour d'une table plongée dans une vive discussion. James leva les yeux et croisa le regard d'Harry, puis détourna la tête avec un petit sourire.

Harry but une gorgée, puis reposa sa pinte. Une seconde plus tard, celle-ci s'écrasa au sol, sans qu'Harry ait pourtant fait le moindre geste dans sa direction. Tous les clients tournèrent la tête, et Harry rougit jusqu'à la racine des cheveux.

Mme Rosmerta se précipita et nettoya tout d'un geste de baguette magique pendant qu'Harry se répandait en excuses. Bientôt, l'attention des gens se détacha de lui. Jetant un coup d'½il à la table des Maraudeurs, il vit Sirius et James discuter d'un air dégagé. Lupin, en revanche, contemplait ses doigts d'un air gêné. Quant à Peter, qui aurait normalement dû tourner le dos à Harry, lui jetait par-dessus son épaule des petits regards de biais en gloussant. Sirius finit par lui dire quelque chose d'un air plutôt sec et Queudver se calma. Pas la peine d'être grand clerc pour deviner qui avait fait tomber son verre à distance.

C'est d'une intelligence.

Harry se leva et sortit. Décidément, cette sortie à Pré-Au-Lard n'était pas une réussite. Alors même qu'il se disait cela, il aperçut Rogue et consorts sortir de chez Honeydukes. Alors que Regulus, Rosier et Wilkes avaient les bras chargés de paquets, Rogue avait les mains vides. Décidé à ne plus être dérangé, Harry sortit sa cape d'invisibilité de sa poche, vérifia qu'on ne regardait pas dans sa direction et la revêtit, puis s'approcha du groupe.

« On va aux Trois Balais, maintenant ? » fit Rosier de sa voix de canard.

Rogue secoua la tête.

« Oh, non, il y aura encore Potter et sa cour, je parie. La Tête du Sanglier, c'est plus calme. »

Wilkes ricana.

« C'est surtout plus miteux ! Mais ça ne te dérange pas, hein ? Enfin, allons-y, j'aimerais essayer leur whisky pur-feu. »

Alors qu'ils marchaient, les garçons défirent leurs paquets de friandises et commencèrent à les manger. Rosier et Wilkes n'accordèrent pas un regard à Rogue, mais Regulus lui tendit son paquet de Fondant du Chaudron.

« Vas-y, sers-toi. »

Rogue lui lança un regard furieux.

« Si j'aimais ça, je m'en serais acheté. » grogna t'il.

Sans se formaliser, Regulus continua de marcher en mangeant.

Harry observa Rogue attentivement. Il avait déjà eu l'occasion de remarquer que les robes d'uniforme du Serpentard étaient de deuxième, voire troisième main et que le reste de ses affaires semblait également d'occasion. Les vêtements qu'il portait en ce moment étaient tout aussi défraîchis. Rogue ne roulait pas sur l'or, contrairement à ses camarades, et sa réaction face à Regulus lui avait rappelé Ron, même si ce dernier, lorsqu'il refusait quelque chose d'Harry, y mettait plus les formes. Trouver des points communs entre Rogue et son meilleur ami perturbait le Gryffondor.

« N'oublie pas que Voldemort aussi n'avait pas un sou à cet âge. Ce n'est pas une excuse pour devenir un meurtrier. Ne le plains pas ! »

Peu après, les Serpentards entrèrent dans le pub, et Harry se retrouva à nouveau en train de se faufiler à la suite de Rogue avant de se prendre une porte. Les garçons se dirigèrent vers une table, et Rogue s'apprêtait à s'asseoir quand Regulus le retint.

« Attends, celle-ci n'a pas encore était nettoyée... »

Rogue ricana, en voyant Regulus prendre conscience du reste du décors.

« Oui, enfin, tout est relatif, » grogna le jeune frère de Sirius avant de s'asseoir, le nez froncé.

Rosier et Wilkes l'imitèrent. Harry s'adossa au mur derrière eux.

« Va chercher les Bièraubeurres, » ordonna Rosier à Rogue.

Ce dernier y allait quand Wilkes le retint pas la manche.

« Non, pour moi whisky pur... »

Rosier lui tapa sur le dos de la main.

« C'est pas le moment de se saoûler, j'ai quelque chose d'important à vous dire ! »

Harry ouvrit grand les oreilles, mais Rosier ne débuta qu'une fois Rogue revenu avec les consommations. Aussitôt, les garçons se penchèrent vers Rosier avec avidité.

« Malefoy m'a écrit récemment. Il en est, maintenant. »

Regulus et Wilkes poussèrent des soupirs d'admiration.

« Il t'a écrit ça dans une lettre ? » fit Rogue avec méfiance.

Rosier leva les yeux au ciel.

« On a un code, tous les deux, tu nous prends pour des idiots ? Tu t'imagines être le seul ici capable d'agir en adulte, peut-être ?»

Le rictus méprisant de Rogue valait tous les discours du monde.

« Bon, alors ? » souffla Wilkes.

Rosier reprit, après un dernier regard mauvais vers Rogue.

« Oui, eh bien, je vais passer les vacances de Noël chez lui et il m'a promis qu'il me Le présenterait... »

Regulus et Wilkes poussèrent de nouveaux soupirs qui rappelaient à Harry Parvati et Lavande lors d'un cours de Trelawney. Rogue, en revanche, n'était pas le moins du monde impressionné.

« Je ne pensais pas que j'aurais à te supporter pendant les vacances, » dit-il d'un ton presque léger, comme s'il attendait avec impatience la tête qu'ils feraient devant cette réflexion. À sa place, Harry n'aurait pas été déçu : Regulus le dévisagea la bouche ouverte d'un air stupide. Wilkes et Rosier, en revanche, avait l'air incrédule et furieux.

« Tu mens, il ne parlait pas de toi dans la lettre, arrêtes de faire ton intéressant ! »

Rosier tapa sur la table avec sa bouteille de bièraubeurre. Wilkes continua :

« On en croit pas un mot, pourquoi on inviterait quelqu'un comme toi à Malefoy Mansion ? »

Rogue ne parut guère impressionné.

« Parce qu'à notre époque, on a plus besoin de gens de talent que de morveux de bonne famille, » rétorqua t'il d'un ton doucereux.

Sous le regard furibond de Rosier et Wilkes, Rogue se leva nonchalamment et se dirigea vers la porte.

« Bonne fin d'après-midi, » conclut-il.

Cette fois, Harry faillit bien se prendre la porte. Il suivit Rogue dans la rue, la tête bouillonnante.

Rogue rencontrerait Voldemort pendant les vacances de Noël... Allait-il prendre la marque, ou Voldemort ne voulait le rencontrer que pour le jauger ? En tout cas, s'il n'avait pas là un moyen de prouver les mauvaises intentions du Serpentard...

Perdu dans ses pensées, Harry entra en collision avec un passant. Tombant en arrière, il s'aperçut avec horreur que sa cape avait glissé.

« Mr Granger, en voilà une surprise ! s'exclama joyeusement Dumbledore.

Harry se releva et rangea sa cape, gêné. Le directeur le dévisageait avec bienveillance, mais son regard bleu était perçant.

« Puis-je vous parler un instant, Professeur Granger ? »

Harry hocha la tête avec appréhension.

« Je viens de croiser Mr Rogue à l'instant, j'imagine que vous le suiviez ? »

Il était inutile de nier :

« Oui, Mr le Directeur, mais vous devez savoir que... »

Dumbledore l'interrompit d'un geste de la main.

« Mr Granger, je suis sûr que vous êtes plein de bonnes intentions. Mais j'ai compris dès notre première rencontre que vous n'étiez pas dans le passé par hasard. Je dois vous avertir : il est dangereux de modifier le passé, même en croyant bien faire. Je ne veux pas savoir ce que vous pensez de Mr Rogue, ni ce qu'il arrivera dans les années à venir. Quoiqu'il arrive, le temps doit suivre son cours normal. Votre présence même à Poudlard est déjà dangereuse, même si je doute avoir pu trouver un autre professeur que vous... Non, sans doute qu'à votre époque, dans les registres de l'école, est inscrit le jeune Mr Granger comme professeur de Défense contre les Forces du Mal en 1975... Mais c'est sans doute tout, et c'est suffisant. Me suis-je bien fait comprendre ? »

Le ton était doux, mais Harry ne s'y trompa pas.

« Oui Mr le Directeur, » répondit-il en espérant n'avoir pas l'air d'un gamin boudeur.

Dumbledore hocha la tête, satisfait.

« Parfait ! Et bien, à ce soir ! »

Harry le regarda s'éloigner, puis repris son chemin. Dumbledore avait beau dire, il avait démontré qu'il n'était pas infaillible. Il refusait de voir le passé, eh bien ! Si Harry avait pu lui dire ce que Rogue allait lui faire, il n'aurait pas chanté la même chanson. Harry était pour une fois clairement déterminé à désobéir au vieil homme. Mais c'était pour son bien.

# Posté le samedi 12 mai 2007 13:21